L’Affirmation de soi ou comment s'autoriser à exister!
- Mélanie Canton Chant et Sophro

- il y a 7 heures
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1. Les racines et les mécanismes de l'effacement
L'affirmation de soi ne se limite pas à la prise de parole ; elle semble prendre racine dans une permission interne que l’on s’accorde, ou non, d’occuper un espace.
La multiplicité des sources : Le sentiment de ne pas avoir de "droit de " ou le réflexe de s'excuser d'exister peut trouver son origine dans des parcours très divers. Il peut s'agir de l'influence d'un cadre familial, mais aussi de rencontres marquantes, d'expériences scolaires ou professionnelles, ou encore de croyances que l'on s'est forgées face aux épreuves. Chaque trajectoire est unique.
Le corps comme frontière perçue : On peut observer que lorsque le sentiment de légitimité vacille, le corps a tendance à se rétracter (épaules vers l'intérieur, voix moins timbrée). Ce positionnement physique pourrait, dans certains cas, faciliter l'envahissement du territoire personnel par autrui (interruptions, non-respect du temps).
L'alignement entre intention et action : S'affirmer pourrait se définir comme le passage du "je souhaiterais" au "je pose un acte". C'est chercher une cohérence entre ce que l'on ressent à l'intérieur et la manière dont on se place à l'extérieur.
2. Le Positionnement : Exploration par la Sophrologie et le Corps
La sophrologie propose d'expérimenter physiquement la notion de "limite" et de "verticalité" sans passer par le mental.
L’appui et la structure (Exercice du Mur) : En s’adossant à un mur, on peut chercher à sentir le contact de chaque vertèbre et des talons. L'idée n'est pas de subir le mur, mais de l'utiliser comme un partenaire pour ressentir sa propre solidité. En inspirant et en imaginant repousser les limites latérales avec les bras, on explore la sensation d'élargir son périmètre personnel.
Le regard comme ancrage : Expérimenter la "poursuite visuelle" en marchant (fixer un point à l'horizon plutôt que le sol) permet d'intégrer ce que la sophrologie appelle la présence immédiate. Cela peut modifier la perception que l'on a de son environnement : on n'est plus seulement traversé par lui, on s'y situe.
3. L'Impact Vibratoire : L'expérience du Chant
Le chant offre une opportunité rare : produire une onde physique qui déplace l'air. C'est un acte concret de positionnement sonore.
La dynamique du "Staccato" : L'émission de sons courts et nets ("Pst !", "Tst !") sollicite directement le rebond abdominal. Ici, le son n'est pas négocié, il est émis. Cela peut permettre de ressentir, physiquement, ce que signifie "impulser" une énergie sans la retenir.
L'occupation de l'espace acoustique : En chantant une note tenue tout en ouvrant les bras, certains peuvent percevoir une modification du timbre. L'ouverture thoracique et l'autorisation visuelle de prendre de la place pourraient influencer la richesse de la résonance. Le son devient alors le prolongement physique de la présence.
Le chant pour prendre sa place : Chanter permet tout simplement d'oser prendre sa place, de présenter au monde notre part sensible, notre force, notre voix et notre présence. Le chant est un allié extraordinaire dans l'affirmation de soi.
4. Autres Pistes : Approches Comportementales et Tactiques
Il existe de nombreux autres outils pour explorer son propre positionnement, selon ce qui fait sens pour soi.
La gestion des silences : Dans une interaction, s'affirmer peut parfois passer par l'absence de mots. Soutenir un regard après avoir exprimé une idée, sans chercher à combler le silence par nervosité, est une forme de "faire" passif. C'est laisser à sa parole le temps d'exister.
La conscience du pas : En psychologie comportementale, on étudie parfois l'impact de la démarche sur l'état interne. Expérimenter une marche où le talon se pose fermement, en ressentant l'impact du sol, pourrait aider à renforcer le sentiment de stabilité et de "conquête" de son propre chemin.
La Communication Non-Violente (CNV) : Cet outil propose une structure pour exprimer des besoins sans agressivité. Il ne s'agit pas d'une solution miracle, mais d'une proposition pour clarifier son positionnement intérieur avant de l'adresser à l'autre.
Conclusion : Un équilibre à inventer
L’affirmation de soi n’est sans doute pas un état définitif que l’on atteint une fois pour toutes, mais plutôt une dynamique fluide, un ajustement permanent entre soi et le monde. Il ne s’agit pas de devenir "fort" ou "dominant", mais de trouver la juste mesure de sa propre présence : celle qui permet de s'autoriser à, d'être entendu sans avoir besoin de crier, et d'être respecté sans avoir besoin de s'isoler.
Que ce soit par le biais de la respiration, de la voix ou du positionnement physique, chaque petit pas vers une "autorisation" plus grande est une expérience en soi.
Ce cheminement est personnel et peut emprunter des sentiers très différents selon les moments de la vie.
L'essentiel réside peut-être simplement dans cette curiosité : observer comment, en changeant un détail de notre posture ou de notre souffle, nous modifions imperceptiblement la réponse du monde qui nous entoure.
Et vous, quelle est la petite autorisation que vous pourriez vous accorder aujourd'hui pour vous affirmer?







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