Réflexions philosophiques : La tolérance
- Mélanie Canton Chant et Sophro

- il y a 11 heures
- 3 min de lecture

La tolérance! Un mot, un seul qui peut contenir bien des débats et réflexions.
Où en sommes nous de notre tolérance?
La tolérance est-elle une question qui peut trouver réponse facile?
Ou est-elle un sujet complexe jonché d'une multitude de ramifications qui rendent difficile un positionnement clair, constant, identique quel que soit le contexte?
Aborder la tolérance, c’est souvent se confronter à une zone de frottement entre nos convictions et la réalité d'autrui. Plutôt que d’y voir une définition unique, on peut l’envisager comme un espace de questionnement personnel où chacun place ses propres curseurs.
Dans cet article, j'avais envie de souligner les différentes questions que ce sujet aux apparences si simples, mais tellement complexes, peut soulever.
L’origine du seuil de tolérance : éducation ou expérience ?
La tolérance ou plutôt l'intolérance peut commencer là où finit notre confort intellectuel.
Mais qu’est-ce qui détermine cette limite ?
Est-elle le fruit d’un héritage familial, de règles transmises que nous n'avons jamais remises en cause ?
Ou est-elle le résultat de nos expériences, de nos blessures ou, au contraire, de nos découvertes ?
Dans tous les cas, face à une opinion, un acte, des propos qui nous heurtent radicalement, ce sont nos convictions, nos valeurs, nos conditionnements, notre éducation qui réagissent.
Etre tolérant : un acte de respect ou un aveu de faiblesse ?
La perception de la tolérance varie selon le contexte.
Pour certains, c’est une force de caractère ; pour d’autres, c’est une forme de renoncement ou de difficulté, de peur de prendre position.
Est-on tolérant par conviction profonde, ou par lassitude du conflit ?
La tolérance implique-t-elle nécessairement un jugement de valeur préalable (« Je ne suis pas d'accord, mais... ») ?
Si l’on n’éprouve aucun désaccord, s’agit-il encore de tolérance ou simplement d’indifférence ?
Le paradoxe des limites
C’est ici que la réflexion devient la plus complexe.
Peut-on exiger la tolérance pour tout, sans exception ?
Le contexte social : Que devient la tolérance face à des discours qui prônent l'exclusion ou la violence ? S'y opposer, est-ce faire preuve d'intolérance ou est-ce protéger un cadre de vie ?
La frontière personnelle : Jusqu'où la pratique ou la parole de l'autre peut-elle empiéter sur mon propre espace avant que je ne doive me positionner ?
Frontière entre idées et actions : Est-il possible d'être tolérant envers les idées, mais intransigeant sur les actes ?
La tolérance au quotidien : une géométrie variable
Nos réactions changent souvent selon le degré de proximité que nous avons avec une personne ou une situation.
Sommes-nous plus tolérants envers un inconnu qu'envers un proche, ou l'inverse ?
La tolérance est-elle une valeur stable ou fluctue-t-elle selon notre état de fatigue, notre stress ou notre sentiment de sécurité du moment ?
Pistes de cheminement
Pour explorer sa propre relation à cette notion de tolérance, on peut s'arrêter sur ces quelques interrogations :
Quelle est la dernière chose que j'ai "tolérée" alors qu'elle me dérangeait profondément ? Qu'est-ce que cela m'a coûté ?
De la même façon, quelle est la dernière chose que je n'ai pas toléré et qu'est ce que cela a engendré? Qu'est-ce que cela m'a coûté?
Y a-t-il des sujets sur lesquels je refuse par principe d'être tolérant ? Pourquoi ?
La tolérance demande-t-elle de comprendre l'autre, ou simplement de le laisser exister sans chercher à le comprendre ?
Chacun pourra trouver, dans ces zones d'ombre, sa propre définition de ce qui est acceptable, supportable ou non négociable.
Et vous? Où en êtes vous sur cette question de la tolérance?







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