Le syndrome de l’imposteur, qu’est-ce que c’est ?
- Mélanie Canton Chant et Sophro

- 16 juil. 2025
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 31 juil. 2025
Illustration - Les Petits Dessins de Marjorie - juillet 2025
Tu es compétent·e, tu travailles dur, tu es passionné·e, les autres te reconnaissent un certain talent… et pourtant, une petite voix dans ta tête murmure :
“Un jour, ils vont se rendre compte que je ne suis pas à ma place.”
Bienvenue dans l’univers du syndrome de l’imposteur.
Il ne s’agit pas d’une pathologie au sens médical, mais d’un mécanisme psychologique puissant.
Il pousse des personnes brillantes et engagées à douter de leur légitimité, à minimiser leurs réussites, et à attribuer leurs succès à la chance, un malentendu, ou la bienveillance excessive des autres.
Ce phénomène touche tous les milieux : professionnel, académique, artistique, associatif… On le retrouve aussi bien chez l’ingénieur·e diplômé·e que chez la jeune maman, le médecin expérimenté ou… le chanteur passionné.
Il n’a que faire des CV, des années d’expérience, ou de la qualité du travail fourni.
Le syndrome de l’imposteur est souvent alimenté par :
Un perfectionnisme rigide ;
Une éducation basée sur la performance ou la comparaison ;
Une difficulté à intégrer les compliments ou les signes de reconnaissance ;
Une tendance à surestimer les autres et sous-estimer soi-même.
Illustration - Les Petits Dessins de Marjorie - juillet 2025
🎨 Et dans le milieu artistique, c’est encore plus flagrant
Si tu es musicien·ne, chanteur·se, comédien·ne, dessinateur·rice… alors tu vis dans un monde où ton travail est subjectif, où l’exposition de soi est permanente, et où les critères de légitimité sont souvent flous.
Et là, le syndrome de l’imposteur s’épanouit comme du lierre.
Il trouve un terreau fertile dans les phrases intérieures du type :
“Je ne suis pas un·e vrai·e artiste, je n’ai jamais été au conservatoire” ;
“Je n’ai pas de disque, pas de public, pas de scènes régulières…” ;
“Je n’ai pas été repéré·e, donc je dois être moyen·ne” ;
“J’ai besoin de travailler ma voix, donc je ne suis pas légitime à chanter devant les autres.”
🧨 Et voici l’un des plus grands pièges contemporains :
Confondre légitimité artistique avec notoriété.
En effet, dans notre société de l’image et de la visibilité, l’absence de célébrité peut renforcer l’idée de ne pas être un “vrai” artiste.
Comme si le talent était validé uniquement par des likes, des followers ou une fiche Wikipédia…
Mais célébrité n’est pas égal à légitimité artistique, et absence de reconnaissance publique n’est pas synonyme d’incompétence.
Beaucoup d’artistes discrets, de professeurs, d’animateurs ou de chanteurs de l’ombre ont une pratique artistique puissante, sincère, généreuse.
Le monde est rempli de voix qui touchent sans être connues, d’œuvres qui transforment sans faire le buzz.
La valeur d’un geste artistique ne réside pas dans son rayonnement médiatique, mais dans sa capacité à exprimer, à relier, à émouvoir, à faire grandir.
🎤 Le syndrome de l’imposteur chez les chanteurs : un cas d’école
Dans le chant, c’est encore plus délicat.
Pourquoi ?
Parce que :
La voix est directement liée à notre identité (ce n’est pas un instrument extérieur) ;
On chante avec son corps et son vécu émotionnel ;
Le chant s’appuie sur des notions de performance, mais aussi de présence, de confiance, de vulnérabilité ;
Il y a souvent peu de “certificats” de légitimité : pas de diplôme officiel pour “avoir le droit” de chanter.
Cela crée un flou.
Et dans le flou, les doutes aiment s’installer.
Beaucoup de chanteurs (y compris expérimentés !) vivent :
Une peur d’être jugés par d’autres chanteurs ;
Une impression de toujours devoir “prouver” leur niveau ;
Une sensation de ne pas mériter les compliments, les scènes, les projets.
Illustration - Les Petits Dessins de Marjorie - juillet 2025
✨ Comment se libérer (un peu) du syndrome de l’imposteur ?
✅ 1. Remets les choses en perspective.
Tu n’as pas besoin d’être célèbre pour être un·e artiste.
Tu n’as pas besoin d’avoir une technique parfaite pour avoir une voix qui touche.
Tu n’as pas besoin d’être validé·e pour t’exprimer.
Tu as le droit d’être là.
✅ 2. Repère cette petite voix intérieure.
Et donne-lui un surnom si ça t’amuse (“Micheline la juge”, “Jean-Claude le contrôleur artistique”).
Plus tu l’identifies, moins tu la confonds avec toi-même.
✅ 3. Note tes réussites.
Petites et grandes. Progrès vocaux, compliments reçus, émotions vécues, moments où tu t’es senti vivant·e en chantant.
✅ 4. Travaille ton rapport au corps.
La sophrologie, le chant, la respiration, l’ancrage corporel, la pleine présence à soi… sont autant d’outils qui permettent de réconcilier l’intérieur et l’extérieur, d’habiter sa voix, sa posture, sa place.
✅ 5. Accepte d’être en chemin.
Le “vrai artiste” n’est pas un idéal figé. C’est quelqu’un qui cherche, expérimente, explore, qui doute parfois, mais crée quand même.
🎁 En résumé
Le syndrome de l’imposteur est humain. Il nous rappelle qu’on tient à ce qu’on fait. Mais il ne mérite pas de prendre le contrôle de notre trajectoire.
Tu n’es pas un imposteur.
Tu es un·e passionné·e en chemin.
Et si parfois tu doutes, tant mieux : c’est moyen de continuer à avancer mais pas d’illégitimité.
Alors, chante.
Même si ce n’est pas parfait.
Crée.
Même si personne ne te suit (encore).
Et souris à cette petite voix intérieure… en lui rappelant doucement :
“Merci pour le message, mais je vais continuer quand même.”
A bientôt!










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